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Souvenir...
Lolo, écoute... Depuis notre rencontre de samedi dernier, chez toi, je suis victime de ton harcèlement féminin. Tu pousserais pas féminisme et parité un peu loin, les travers je veux dire: l'émulation machiste? Pourquoi ? Pourquoi veux-tu m'enchaîner? Je suis libre, comprends-le.
Tu te voulais aimante et c'est sans détour qui tu t'es offerte après avoir régularisé un pipi, bien décidée à ce que je nettoie les toiles d'araignée qui te ravageaient la culotte; je m'exécutai sur l'instant, bon prince tâcheron du week-end. Je passerai sur tes gémissements d'encouragement alors que je te besognais avec application et méthode; merci de ton aide charitable, ta mélodie masquait cette vilaine cicatrice de ces accouchements compliqués et ces varices naissantes, déjà! malgré que tu n'aies que la trentaine. Tu es bien plus belle en photo, ton joli minois. A un moment, au risque de contrarier ma concentration, tu as murmuré:
- Dis Plum', tu aimes mes seins? - Vi, vi... que je te rassure, aimable. - C'est vrai, dis Plum', que tu les aimes? Là, tu as collé tes mains sur les miennes en direction de tes seins, au risque que j'attrape une crampe. Toi, tu me parlais de tes seins, moi je pensais à une autre nana bien moins chiante au lit - enfin ton canapé - une taiseuse consciente d'être un sac à foutre, bref pas compliquée; je la rappelerai d'ailleurs cette semaine. - Ils sont naturels?... que je plaisante. - Oh, salaud!... Je ne suis pas le genre pétasse à faire dans le silicone. Tu sais, les portugaises on a pas besoin des artifices de la chirurgie, rien que du naturel dans le soutif', une fierté nationale. Touche Plum! Hi,hi,hi... ça m'excite quand tu me touches, là, oui les bouts...
Franchement, elle me courait avec ses affaires mammaires; sa fente béante, baveuse, me suffisait largement: notre contrat tacite de base. J'avais vraiment envie de me casser: "La foutre encore une fois, la der! et puis tchao!" M'est venue alors l'idée de la gâterie. Je suggère:
- Tu me suces, Lolo? - Nan, pas la première fois. Faut que je te connaisse un peu plus... qu'elle m' informe comme l'invit' d'un rendez-vous prochain à notre bel amour. Et d'ailleurs, quelle rajoute, j'ai toujours peur de faire mal avec les dents... j'arrive pas à ouvrir la bouche toute grande, ça m'étouffe... pis, j'aime pas quand les hommes crachent dedans ma bouche... Tu comprends?... Je sais bien que vous, les mecs, vous adorez ça, m'enfin... qu'elle s'émeut, Lolo... Allez, fais pas ta mauvaise tête... qu'elle tente pour conciliation.
C'est étrange, je pensais que les femmes étaient tout à fait libérées avec tout ce qui se dit sur les radios, à la télé, s'affiche sur les murs, s'écrit dans les journaux, se répend d'octet en octet sur le web. Ben non, des prudes ça existe encore, la preuve. Lolo, elle visait la continuité, elle voulait une portion d'avenir, son bout d'absolu, alors elle imposait le délai... C'est ça qu'est fastidieux avec les femmes: ce fatras de négociations additionnelles pour en arriver au projet initial, ici la pipe.
- Bon, bon, n'en parlons plus. Et en levrette? On essaie? Tu seras ma chienne... - Oui, ta chienne Plum'... ça je veux bien... en levrette, j'adore me faire prendre comme ça... Et on va essayer plein d'autres positions, hihihi... Je suis une vraie salope et j'adore ça! qu'elle affirme.
Mine de rien, je fatiguais de toutes ces positions; on a revu deux ou trois chapitres du kamasutra, et puis d'un coup jai lâché la purée, j'en avais marre: du vieux foutre, bien épais. Elle m'a caressé le dessus de la tête en tapotant tendrement; j'avais l'impression d'être à la place de son corniaud de chien, Lulu qu'elle l'appelle. Une vraie saloperie ce clebs, teigneux et jaloux. Pour se faire sauter en paix - Lolo pas Lulu - elle l'a enfermé dans la buanderie; au début, il a gueulé un peu, pis il s'est résigné, sûrement pour roupiller. Bref, elle était maintenant toute guillerette:
- Merci Plum', c'était bien... ça fait du bien d'être aimée... ça faisait si longtemps. Je revis, mon amour!... Et là, elle s'est mise à chantonner sur un refrain de Lio: "Les brunes comptent pas pour des prunes", pis d'un coup elle s'est levée: "Pipi!" qu'elle s'exclame - ca faisait la deuxième fois. Ca a pas duré longtemps, la chasse m'a donné le signal du grand retour de l'amoureuse soulagée de la vessie. - T'en as pas profité pour te doucher ? que je m'étonne. - Non, mon chéri, mon Plum'... juste pipi... pas envie d'une douche... Je veux garder ton odeur, ta liqueur d'amour aussi... - Ca va coller au bout d'un moment, tu sais... que j'instruis. - M'en fous! te garderai avec moi toute la semaine, na!
Je me dis que la femme est étrange dans son absolu. Bon de toute façon, je ne serai pas dans son alentour la semaine à venir; j'imagine pourtant ses collègues reluqués son fessier stringué, aguichant comme pas un, puant, collant... Et puis on s'est mis à parler, de tout, de rien, surtout de rien. Elle m'a sorti l'album de famille, son ex, ses filles, les chiards de ses filles, les vacances au Portugal, bref les trucs pour meubler et tuer le temps qui passe. D'un coup, lassée de tourner les pages, elle relance la convers':
- Tu reviendras me voir à quinzaine ? J'aurai pas les mômes... qu'elle introduit. - Je sais pas Lolo, je sais pas... ça fait des bouts de kilomètres jusqu'à toi... pis, pour tout dire: j'aime pas la "Morue aux pommes" que tu m'as servie au repas... m'en veux pas surtout de ma franchise. Voilà. - Quoi! Qu'est-ce qu'elle a ma "Morue aux pommes", hein? T'es vraiment un con! Un plat national adapté par moi, pfff!... - Bon d'accord, excuse... Je rentre chez moi d'ailleurs... - C'est ça! c'est ça! file donc... Vous êtes tous les mêmes, les mecs! Une fois votre petite affaire faite, salut! qu'elle se convulse sur le canapé. - Lolo... je t'en prie... Comment te dire... La morue... - Vas-t'en salaud! je te hais... qu'elle crache, en larmes. J'en profite pour me diriger vers la sortie et j'évite de justesse une tasse à café qui s'explose sur le chambranle de la porte. En franchissant la porte de son immeuble, je décide de l'oublier sur le champ: j'ai l'ai sautée et voilà, on va pas en faire un fromage. Je pense qu'elle aussi, elle fera le deuil rapidos et qu'elle saura se consoler dans les bras d'un autre, c'est à peu près tout ce que je lui souhaite; je m'en tape au fond.
Pourtant dès lundi, Lolo, tu m'as écrit message sur message, un à un mourant dans la boîte spam, et depuis tu me poursuis de blog en blog. Oui je suis devenu ton obsession, toi la Vénus en sabots du temps d'un week-end. Désormais, tu me hais. Tu cries vengeance. Tu médites sur une castration possible... S'il te plaît, Lolo, laisse-moi en paix, serein, même si je suis un salaud. Oui, tu as de beaux seins. Oui tu as un joli cul. Non, je n'aime pas la morue, définitivement. Adieu. Plum' Copyletf Conattitude - PlumitifCon - déc 2005.
Date de création : 08/12/2005 @ 14:43
Dernière modification : 10/04/2009 @ 07:02
Catégorie : Annexes - Conattitude - LAL
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